02 février 2009
Du plaisir de babysitter un ptit Suédois
Toujours dans la série « Comment c’était en août à Stockholm », il est temps que je te raconte, Lecteur passionné, la première fois où je suis allée chercher le petit gamin à son école.
Posons le tableau : tu pourras imaginer mon état de stress quand je t’aurai dis que je n’avais jamais fait de babysitting. En effet, ayant l’instinct maternel d’un oursin, j’ai toujours poliment décliné les propositions d’emploi formulées par les mères, mes voisines, très logiquement charmées par mon naturel charmant et voulant en faire profiter leur chère progéniture.
Parce que je ne voulais pas faire souffrir inutilement des petits êtres dont le seul tort est d’être en dessous de la limite d’âge à partir de laquelle ils auraient gagné le droit d’être considérés comme des humains à mes yeux.
Mais m’étant retrouvée jeune fille au pair bien contre mon gré, je me suis vue dans l’obligation d’aller chercher Gamin n°2 à l’école, Gamin n°1 étant heureusement capable d’aller se chercher tout seul.
Déjà j’ai trouvé l’école.
C’était pas gagné, parce que vu comment c’était tout paumé dans la forêt, ce bled, je pensais que les loups me trouveraient avant.
Restait à trouver le gamin.
Les parents m’avaient montré une carte pour l’école, mais pas pour le gamin.
L’école était composée de quatre bâtiments, tous grouillant de gamins dont un seul m’appartenait.
J’ai tenté le premier bâtiment, mais ils étaient vraiment trop petits, dedans. Très très loin de la Limite d’Humanité.
Dans la cour, un adulte. Qui me dit que les gamins de 6 ans sont dans le deuxième bâtiment.
Deuxième bâtiment, donc.
Taille des deux occupants croisés dans le couloir : comparable à mon échantillon (de mémoire du moins). Signe positif.
Classe n°1 : vide.
Classe n°2 : vide.
Classe n°3 : vide.
Merde merde merde, ils sont où les gamins ? pensais-je tandis qu’une boule d’angoisse commençait à jouer avec mon sandwich du midi et que je vérifiais l’heure à mon poignet tremblant.
Classe n°4 : une adulte. Sur laquelle je saute pour lui demander où je pourrais trouver Marcus, s’il vous plait madame. Elle me demande son nom de famille (j’ai appris plus tard qu’environ un Suédois sur cinq s’appelle Marcus).
Gros blanc.
Merde.
C’est quoi son nom ?
Comme c’est l’enfant des Thénardier, il doit s’appeler comme ça peut être. (oui, à l’époque j’aimais déjà beaucoup moins mes proprios tortionnaires)
En fait il porte le même nom que neuf Suédois sur dix, c'est-à-dire Jonsson, ou Johnsson, ou un truc du genre mais de toute façon on s’en fiche.
J’ai retrouvé le nom et je l’ai dit à la dame, qui m’a conduite à la bonne classe.
Sur le chemin, un truc me travaille. Avec mon talent de physionomiste de poisson rouge et sachant que le gamin en question, j’ai du le croiser quatre fois en deux semaines, est ce que je vais le reconnaitre ?
Une pensée, tout de même, est venue me rassurer.
Un petit blond comme ça, ça peut pas se louper.
Là-dessus on arrive à la salle, la dame ouvre la porte et me fait entrer, et là, c’est le drame.
Vingt petits blonds dont pas un ne lève les yeux pour m’aider un minimum à (ne pas) le reconnaitre.
L’Attaque des Clônes en version peroxydé.
Je te rassure, Lecteur qui partage mon désarroi, en gagnant un peu de temps avec des remarques polies et des questions d’une pertinence indiscutable à la maîtresse, j’ai réussi à retrouver Gamin n°2.
En l’occurrence, c’est celui qui est venu me voir en demandant si on allait rentrer à la maison.
Commentaires
J'adore la façon dont tu racontes tes aventures !! C'est quand même assez atroce la façon dont tu as été traitée au début de ton séjour !!
Ahahaha L'attaque des clones en version peroxydés! :-)
Lol ! J'adore ton histoire des 20 petits clones tout blonds ! Mais en fait, c'est de la rigolade ! Un de ces jours, faudra que je te raconte l'histoire du jeune prof de 22 ans envoyé en Afrique, et qui découvre en entrant dans sa première classe 35 élèves dont il se dit qu'ils n'arrivera jamais à le reconnaître, car il a l'impression qu'ils sont tous pareils et là, c'est la VRAIE angoisse !

