18 août 2008
Des joies et bonheurs de cuisiner dans une cuisine étrangère [titre hautement ironique]
Bon, je pensais qu'ici je pourrais cuisiner sans arrêt, grâce à la cuisine de mes tortionnaires hôtes, et tester plein de recettes suédoises bizarres. Sauf qu'à vouloir échapper à ma maison, je suis me retrouve à manger des pizzas chez les uns ou les autres, et que la seule fois où j'ai essayé de me préparer un petit quelque chose sympatique à la maison, ça a été horrible :
L'idée, c'était de faire une des recettes de ma mère (poulet à la tomate et à la noix de coco), en grande quantité, et de congeler le tout en barquettes. C'est pas facile de trouver les produits auxquels on est habitué dans un pays étranger, je vous dis pas pour dénicher le lait de coco, la croix et la banière.
Ensuite, tout se serait bien passé s'ils n'avaient pas une poêle completement pourrie, avec un manche presque désolidarisé. Au moment où j'ai attrapé le manche en question, la poêle s'est retournée et la moitié du poulet et de la sauce est tombée sur la plaque brûlante.
Grand moment de panique, j'attrape une éponge pour éviter de tout laisser brûler, mais leur éponges sont aussi pourries que leurs poêles, et elle a fondu sur la plaque, en laissant une chouette trainée noirasse qui a continué à grésiller au milieu de ma pauvre sauce tomate-coco.
Les éponges de ma Maman ne feraient jamais ça.
Ma Maman sait choisir les éponges, elle.
Bref, si vous avez besoin de la définition de "grand moment de solitude"...
En gros après j'ai passé le reste de la soirée à tout gratter, c'était très amusant. Et depuis, le truc le plus ébouriffant pour lequel je me sois aventurée, c'est des oeufs à la coque.
14 août 2008
Le Suédois canon existe. La preuve en image.
Ca y est, on l’a trouvé ! Bon sang, qu’est ce qu’on a pu le chercher, le beau Suédois de nos rêves, celui qu’on s’attendait à voir dès la sortie de l’avion entouré de tous ses clones canons !
Parce qu’ils sont super décevants, les Suédois, et je tiens à m’excuser envers ceux qui passeraient par ici, mais bon.
Pour vous donner une idée, comme on a décidé de noter ceux qu’on croisait (pas parce qu’on est des filles superficielles et dédaigneuses, mais parce qu’on déprimait sous la pluie, loin de chez nous, et que c’est le truc le plus marrant qu’on ait trouvé à faire pour oublier nos pieds mouillés).
Bah les gens, en plusieurs jours on n’a jamais dépassé 7/10, malgré une révision à la baisse de nos critères, et seulement pour quelques oiseaux rares.
Et on l’a vu.
Il existe.
Il est parfait.
Monsieur « 10/10 avec les félicitations du jury ».
Il assistait comme nous à la Gay Pride locale (très sympa), on l’a vu, on a changé de place pour mieux mater et le prendre en photo. En pouffant un peu, bien sûr, mais c’est compréhensible, non ?
(Cher inconnu, si tu passes par ici et que tu veux, au nom de ton droit à l’image, que j’enlève ta photo, sache que ça peut se monnayer contre un resto).
11 août 2008
Suède : la déco avance, mes connaissances de la cuisine aussi
D’abord, merci beaucoup à tous pour vos commentaires et mails de soutien, ça m’a vraiment fait très, très plaisir. J’ai répondu à certains qu’avoir une chambre un peu nulle poussait à sortir plus souvent, et c’est bien ce qu’on attend d’une année d’Erasmus, non ? Alors au final je m’amuse beaucoup, et je commence à croire que finalement, c’est une bonne chose d’avoir une cave.
Au fait, j’ai trouvé un autre moyen pour la décorer ! En posant mon pot de miel à côté de la boîte de Barilla et pas loin du pot de sauce tomate, ça fait des contrastes de formes et de couleurs et c’est joli. La boîte de thon posée sur la tranche, c’est sympa aussi, et si on s’arrange bien ça peut faire des reflets sur le métal. Et comme le lait de coco est dans une brique violette, ça tranche de façon intéressante avec le riz, qui est dans une boîte orange.
Voilà.
Je suis très contente.
Mais du coup j’hésite à manger pour ne pas détruire ma composition, qui grandit progressivement.
L’autre truc, c’est qu’en laissant la porte de la grande armoire (qui est un miroir) ouverte d’une certaine façon, la lumière se réfléchi et arrive sur mon lit (qui, comme j’ai pas de bureau ni de chaise, est le seul endroit où je puisse me poser pour travailler).
C’est pas génial ?
Mais le mieux du mieux, c’est je vais en avoir un, de bureau ! C’est une table toute bête, blanche, mais c’est la plus belle du monde, et bientôt elle sera dans la chambre !
Sinon, toujours dans une logique de découverte des pratiques culinaires de ce pays, voilà le genre de snack qu’on peut trouver dans la rue : un hamburger avec du poisson frit, de la crème, de l’aneth, plein d’oignon, et c’est vachement bon !
07 août 2008
Premiers pas (trébuchants) en Suède
Bah ça y est, j’y suis, Suédoise pour un an !
Le premier jour, j’ai découvert la maison des gens chez qui je vais habiter : une baraque immense dans une banlieue résidentielle qui ressemble à une forêt, vue de folie sur la mer, 4 salons différents (été, hiver, lecture et télé) avec l’impression de traverser le catalogue Ikea. Chambres immenses, balcons individuels, trampoline géant dans le jardin et clapier de luxe pour les deux lapins.
Après, j’ai vu ma chambre.
C’est au sous-sol, après un escalier casse-gueule, ça sent la cave à champignons, le taux d’humidité avoisine les 90% pour une température de 12°C(alors qu’il fait 30 dehors), et ça leur sert un peu de débarras.
Un lit, une commode aux tiroirs pleins de bordel (pardon), une autre commode pleine de réserve de literie, une armoire pleine de petit électroménager qu’ils n’utilisent plus, ni table ni chaise, et moi au milieu avec un gros coup de blues.
Tu veux te faire une idée un peu plus précise de mon nouveau monde, ami lecteur ? Voilà.
Ca fait un peu cellule de carmélite, non ? Ou bien on peut dire que c’est la Prawn-cave, dans laquelle on peut se métamorphoser en jeune fille au pair parfaite.
Derrière les canalisations qu’on voit là, à 20 cm de ma tête quand je dors, il y a des fils électriques dénudés qui dépassent. On va dire que j’y touche pas, d’accord ?
Bon, ils ont quand même fait un effort sur la déco : une plante artificielle (parce que rien de vivant ne peut subsister là), des rideaux tout moches, un cadre avec une peinture qui représente le plus beau bouquet de fleur qui existe (ironie) et un gros coquillage kitsch.
A ma disposition : la douche qui est dans la buanderie. Aucun crochet pour ses fringues ou sa serviettes, mais c’est pas grave, car je suppose que comme moi, ami lecteur, tu adores entasser tes affaires par terre sur le sol humide. Pas de miroir, mais c’est pas grave, parce que je suppose que comme moi, amie lectrice, tu excelles dans la pose de mascara sans reflet. Pas de verrou à la porte, non plus, tiens.
En fait, le plis marrant, c’est le contraste entre leur partie de la maison, classe, chaleureuse, fonctionnelle, et la Prawn-cave glauque et triste, pas faite pour accueillir une étudiante fraichement arrachée à l’affection familiale.
Ah, j’oubliais, les fenêtres de ma cellule, au nombre de deux (!) sont petites, sales et donnent sur leur coin à bricolage-débarras, plein de bout de bois et de saletés. On voit pas du tout la mer.
Et comme toute la famille était en weekend, la maison était vide les quatre premiers jours, sans téléphone ni internet, et toute paumée. Tellement rassurant.
Alors très vite je me suis dit que pleurnicher ne servait à rien, et j’ai couru chez Ikea, pour acheter une housse de couette rouge, une serviette orange etc. Le but, c’est pas de faire dans le bon goût mais d’éviter de me tirer une balle, voyez-vous ?
Pour les murs, je pense tendre des ficelles entre les canalisations (c’est bien, y en a beaucoup) et accrocher des images dessus. Plein d’images joyeuses.
Alors, ami lecteur, si tu veux participer à l’opération « Transformons la cellule de moine en Prawn-palais et empêchons son habitante de déprimer », je serais ravie de te donner mon adressepour recevoir de chouettes cartes postales, images ou photos diverses mais toujours pleines d’amour !
Oh, et parce que ses pages sont destinées à renaître et qu’il s’agit avant tout d’un bliog de cuisine, voilà ma première rencontre avec la gastronomie suédoise : des pâtes à la bolognaises surgelées, parce que c’est pas cher.





