Les bonheurs de Prawn

Parce que j'adore cuisiner, essayer de nouveaux plats, tout toucher et sentir dans ma cuisine !

09 février 2009

Des chaleureuses relations de voisinage en Suède. Titre hautement ironique.

Dans les premiers échanges de mails que j’ai eu avec ceux qui allaient devenir ma famille d’adoption, mon havre de paix et d’amour, que dis-je, la seule source d’affection dans le pays hostile qui devait m’accueillir pour une année Erasmus, j’ai nommé les abrutis qui m’ont fichue au sous-sol, ils m’ont dit qu’ils vivaient dans une banlieue résidentielle assez chic.

Chouette, ai-je pensé, ça va être comme à Wisteria Lane !

(là je précise, pour des lecteurs comme mon Pôpa, que Wisteria Lane c’est la rue où vivent les héroïnes de Desperates Housewives [qui est une série américaine, Papa], banlieue américaine caricaturale, avec tous les voisins qui se connaissent et se mêlent des affaires les uns des autres, rigolo quoi).

Bon, les maisons étaient un peu éloignées à mon goût, et un peu perdues dans la forêt aussi, mais j’avais vraiment hâte de rencontrer mes premiers nouveaux voisins, devenir pote avec eux, avoir mes entrées chez tout le monde, bah, m’intégrer quoi.

J’avais même préparé des phrases en anglais pour pouvoir me présenter sans trop bafouiller.

Motivée à fond.

Mais août dans les banlieues résidentielles chic suédoises, c’est un peu mort.

Au bout de cinq jours, je croise enfin un autochtone.

Entre 40 et 50 ans, une tête de père de famille, la démarche assurée, l’œil fixé sur un point droit devant lui. Bon sang les gens, mon premier autochtone qui n’est pas un membre de ma famille d’accueil !

Je marche dans sa direction en attendant avec impatience le moment où nos yeux se croiseront, où un sourire de bienvenue se dessinera sur son visage bienveillant, où il s’arrêtera pour me demander ce qui je fais dans cet endroit reculé, où il est bien heureux de voir une figure nouvelle.

Et je révise très vite mes phrases de présentation en anglais dans ma tête chavirée par l’émotion.

Son regard reste fixé sur un point droit devant lui.

Qu’à cela ne tienne, qui n’a jamais rêvassé en marchant ? Je lance un Hej ! jovial mais poli et respectueux, accompagné, bien entendu, de l’air le plus angélique qui se puisse trouver.

Je te laisse un instant, cher Lecteur, pour te représenter l’air le plus angélique qui se puisse trouver.

Son regard se défixe lentement du point. Il tourne les yeux vers moi. Son sourcil gauche se hausse de 4,6mm.

C’est, comme je l’apprendrai plus tard, le signe de la surprise la plus totale chez un Suédois. A 4,7mm, la surprise est telle qu’elle provoque en général un infarctus du myocarde. 

Il hoche la tête.

Point positif : j’existe.

Point négatif : Wisteria Lane, c’est pas ici.

Point information : le hochement de tête, c’est le signe le plus chaleureux que j’ai jamais pu obtenir de tous les gens que j’ai croisés dans ce coin.

Point angoisse : je me suis rendue compte à cet instant que je pourrais tout aussi bien crever dans ma nouvelle maison après avoir été enchainée et battue pendant des semaines, c’est pas les voisins qui auraient remarqué ma disparition.

Posté par prawn à 11:44 - Commentaires [16] - Permalien [#]

02 février 2009

Du plaisir de babysitter un ptit Suédois

Toujours dans la série « Comment c’était en août à Stockholm », il est temps que je te raconte, Lecteur passionné, la première fois où je suis allée chercher le petit gamin à son école.

Posons le tableau : tu pourras imaginer mon état de stress quand je t’aurai dis que je n’avais jamais fait de babysitting. En effet, ayant l’instinct maternel d’un oursin, j’ai toujours poliment décliné les propositions d’emploi formulées par les mères, mes voisines, très logiquement charmées par mon naturel charmant et voulant en faire profiter leur chère progéniture.

Parce que je ne voulais pas faire souffrir inutilement des petits êtres dont le seul tort est d’être en dessous de la limite d’âge à partir de laquelle ils auraient gagné le droit d’être considérés comme des humains à mes yeux.

Mais m’étant retrouvée jeune fille au pair bien contre mon gré, je me suis vue dans l’obligation d’aller chercher Gamin n°2 à l’école, Gamin n°1 étant heureusement capable d’aller se chercher tout seul.

Déjà j’ai trouvé l’école.

C’était pas gagné, parce que vu comment c’était tout paumé dans la forêt, ce bled, je pensais que les loups me trouveraient avant.

Restait à trouver le gamin.

Les parents m’avaient montré une carte pour l’école, mais pas pour le gamin.

L’école était composée de quatre bâtiments, tous grouillant de gamins dont un seul m’appartenait.

J’ai tenté le premier bâtiment, mais ils étaient vraiment trop petits, dedans. Très très loin de la Limite d’Humanité.

Dans la cour, un adulte. Qui me dit que les gamins de 6 ans sont dans le deuxième bâtiment.

Deuxième bâtiment, donc.

Taille des deux occupants croisés dans le couloir : comparable à mon échantillon (de mémoire du moins). Signe positif.

Classe n°1 : vide.

Classe n°2 : vide.

Classe n°3 : vide.

Merde merde merde, ils sont où les gamins ? pensais-je tandis qu’une boule d’angoisse commençait à jouer avec mon sandwich du midi et que je vérifiais l’heure à mon poignet tremblant.

Classe n°4 : une adulte. Sur laquelle je saute pour lui demander où je pourrais trouver Marcus, s’il vous plait madame. Elle me demande son nom de famille (j’ai appris plus tard qu’environ un Suédois sur cinq s’appelle Marcus).

Gros blanc.

Merde.

C’est quoi son nom ?

Comme c’est l’enfant des Thénardier, il doit s’appeler comme ça peut être. (oui, à l’époque j’aimais déjà beaucoup moins mes proprios tortionnaires)

En fait il porte le même nom que neuf Suédois sur dix, c'est-à-dire Jonsson, ou Johnsson, ou un truc du genre mais de toute façon on s’en fiche.

J’ai retrouvé le nom et je l’ai dit à la dame, qui m’a conduite à la bonne classe.

Sur le chemin, un truc me travaille. Avec mon talent de physionomiste de poisson rouge et sachant que le gamin en question, j’ai du le croiser quatre fois en deux semaines, est ce que je vais le reconnaitre ?

Une pensée, tout de même, est venue me rassurer.

Un petit blond comme ça, ça peut pas se louper.

Là-dessus on arrive à la salle, la dame ouvre la porte et me fait entrer, et là, c’est le drame.

Vingt petits blonds dont pas un ne lève les yeux pour m’aider un minimum à (ne pas) le reconnaitre.

L’Attaque des Clônes en version peroxydé.

Je te rassure, Lecteur qui partage mon désarroi, en gagnant un peu de temps avec des remarques polies et des questions d’une pertinence indiscutable à la maîtresse, j’ai réussi à retrouver Gamin n°2.

En l’occurrence, c’est celui qui est venu me voir en demandant si on allait rentrer à la maison.

Posté par prawn à 10:53 - Commentaires [3] - Permalien [#]

26 janvier 2009

En Suède chez les Thénardier (attention Lecteur, ce post peut te mettre le moral à zéro pour la semaine!)

Aujourd’hui, Lecteur, j’ai décidé de te faire pleurer. Pas en te racontant une nouvelle fois que mes menus se composent maintenant exclusivement de pâtes et de poulet, ce qui cause l’abandon de ses pages.

Non.

Aujourd’hui, profitant de ta faiblesse morale causée par l’hiver, la nuit et le temps pourri, j’ai décidé de t’arracher des larmes en débutant un cycle « Comment c’était en août à Stockholm ». Tu te souviens ? Quand j’habitais dans une cave, dont tu peux voir les photos ici ? Chez des gens dont le sourire plein de dents cachait un cœur de pierre, peu à même de remplacer l’amour maternel auquel j’avais brusquement été arrachée ?

Bref, Lecteur, sache que l’épisode d’aujourd’hui s’appelle « le jour où je suis montée utiliser le wifi au rez-de-chaussée parce qu’il faisait trop froid en bas, et que j’ai été renvoyée dans mes quartiers ».

Sors tes Lotus.

Nous étions donc au mois d’août.

Il faisait 25° dehors, et 12 dans ma chambre.

Les quelques photos apportées de France étaient déjà tombées pour la 5ème fois en une heure à cause de l’humidité de la pièce, et j’avais froid.

Par ailleurs, comme il n’y avait pas de table dans la pièce (juste un lit et une armoire) (pleine de choses pas à moi, l’armoire, comme deux cafetières cassées, pleins d’oreillers moisis et d’autres trucs du même genre), comme je n’avais pas de table donc, je devais travailler agenouillée sur mon lit.

J’avais bien essayé « agenouillée devant mon lit en l’utilisant comme une table pour poser mon ordinateur », mais même avec un des coussins moisis sous mes genoux, c’était trop froid par terre.

Bref, on se les gelait en bas, j’avais mal au dos, et le wifi ne parvenait que bien péniblement dans les profondeurs devenues mon domaine, alors je me suis dit un truc.

Je me suis dit, Puisqu’ils ont 4 salons en haut, pourquoi ne pas aller me poser dans l’un d’eux pour profiter de la chaleur (et même pourquoi pas de la chaleur humaine, ajoutais-je intérieurement dans un élan de naïveté qui me fait maintenant sourire), histoire que mes articulations retrouvent une flexibilité minimum et que le givre de mes sourcils fonde ?

Aussitôt pensé, aussitôt fait, j’attrape mon ordinateur, je grimpe l’échelle de meunier en faisant attention à le pas faire tomber les piles de chaussures qu’ils stockent là, j’arrive au rez-de-chaussée, je m’arrête un instant pour m’habituer à la chaleur ambiante, je passe devant la maman et ses deux gamins qui étaient à la table de la cuisine, en faisant un ravissant sourire accompagné d’un mot gentil, et je me pose dans le salon n°2, parce que c’est le seul autre endroit où il y ait une table haute.

Je te laisse imaginer, Lecteur attendri, le couinement de bonheur de mes vertèbres se sentant sagement empilées sur une chaise.

Les frissons de joie de mon épiderme, sous la caresse d’une température qui ne lui évoquait pas un séjour dans un bac de congélation chez Picard.

Ma quiétude, enfin, grâce à la présence rassurante d’une famille unie par l’amour à quelques mètres de moi (c’était vers le début du mois, ça. Je ne les détestais pas encore).

Donc pof, je commence un mail à mes parents chéris qui me manquaient déjà tant.

[ENTRACTE : tu peux aller chercher un deuxième paquet de mouchoir, Lecteur ému, parce que le plus dramatique vient après]

Là, la maman arrive. Pas la mienne, celle des gamins, ma proprio, quoi.

Je lève vers elle mon sourire le plus aimable et le plus innocent, sûre que j’étais de ne déranger personne

Parce qu’ils m’avaient bien dit, à l’étage, t’y va pas, c’est les chambres. Mais le rez-de-chaussée tu peux, parce que si t’as pas accès à la cuisine il est possible que tu crèves de faim en bas, et ça ça nous ferait vraiment chier. A cause de l’odeur quand tu commenceras à pourrir.

Bon, disons que l’idée principale y est. J’avais officiellement le droit d’évoluer au niveau du sol.

Je lève donc vers elle mon sourire le plus aimable et le plus innocent.

Elle me demande ce que je fais là. Avec le sourire du monstre sous ton lit, quand il essaie d’être gentil.

Je réponds, toujours adorablement comme tu peux l’imaginer, Lecteur compréhensif, que je profite du wifi qui marche et du soleil qui me dore le dos, et toujours adorablement je demande de ses nouvelles.

Elle me dit qu’elle va bien.

Que là, elle va mettre la table pour les hôtes de ce soir, tiens, pile sur la table dont j’occupe 25x35cm, soit 875 cm².

Et que si par conséquent je pouvais partir, oh, pas tout de suite, mais dans 5 minutes, ça serait bien.

Sache, Lecteur étonné, qu’il était environ 15h30 à ce moment là. Et que j’étais en haut depuis une dizaine de minutes seulement.

Mais que, le cœur se serrant de douleur, j’ai remballé mes 875cm² et mon mètre 72 qui n’avaient visiblement rien à faire là, et je suis redescendue me recroqueviller sous ma couette dans la cave. Bien entendu, le wifi a définitivement lâché, et j’ai perdu le début du mail pour mes parents.

Mais c’est pas fini !!!

Quand je suis remontée, une heure et demie après, pour prendre un truc à manger sur mon étagère du frigo, je me suis permis de jeter un œil à la table, pour admirer ce que peut faire une maitresse de maison assez prévoyante pour dresser le couvert au milieu de l’après midi.

Crois-moi ou pas, lecteur horrifié par tant de noirceur d’âme, elle n’avait pas mis la table.

Posté par prawn à 10:49 - Commentaires [13] - Permalien [#]

20 janvier 2009

Du métro de Stockholm...

Il y a un truc curieux dans le métro de Stockholm : les gens ne se regardent pas.

Ou si peu.

A Paris (et j’ai redécouvert ça pendant les vacances de Noël), les gens se fixent, et on n’arrête pas de croiser le regard des uns et des autres. C’est rigolo et ça occupe. On peut aussi faire des battle de regard : tu fixes ton vis-à-vis, il te fixe en retour, le premier qui baisse les yeux a perdu. Très divertissant.

On peut aussi ruser et regarder les autres voyageurs dans le reflet des vitres. Mais comme tout le monde connait le truc, c’est presque pire de rencontrer dans le reflet le regard du type avec une tête bizarre qu’on essaie d’observer tranquillement depuis tout à l’heure.

Et pour mater les jolis garçons, c’est pas vraiment discret.

A Stockholm par contre, pas de problème. Le type mignon, tu le regardes tranquillement pendant 4 stations, à l’aise. La Suédoise super vulgaire, tu la détailles lentement, aucun souci.

En fait, c’est aussi difficile de saisir le regard d’un Suédois que les subtilités de leur cuisine.

Et c’est presque décevant, ça enlève du piquant au trajet. Ils restent sagement les yeux dans le vide ou sur leur journal, ils hissent le drapeau blanc à chaque tentative de battle de regard, pas marrant quoi.

Heureusement que les vendredis et samedis soir, les Suédoises bourrées se tombent dessus dans des grands mouvements de talons aiguilles et de cheveux blonds, pour mettre un peu d’animation…

Vous voulez savoir un truc ? Le métro parisien me manque autant que le fromage. 

Posté par prawn à 14:46 - Commentaires [8] - Permalien [#]

27 novembre 2008

D'Israël et des mystérieux Druzes

De retour de trois semaines en Israël, à travers tout le pays, pour un voyage d’étude. Bon, en fait, à part une conférence de deux heures sur le développement de la ville d’Acre, c’était des vacances. Une colo. Tranquillou. Avec du soleil et 28°C, que pam tu te la prends en pleine face la neige de Stockholm, quand tu rentres !

Et on a bien mangé, merci. Si quelqu’un m’appuie sur le ventre, je pense que le hoummos va me sortir par les oreilles, alors faites attention, s’il vous plaît.

On y allait pour découvrir le pays et surtout les Druzes, parce qu’on va faire un projet d’urba pour eux. Alors je t’entends te demander ce que sont les Druzes, cher lecteur.

Le prof nous a dit : « Les Druzes sont une communauté persécutée par les musulmans, qui ont une religion secrète. On va passer deux nuits chez eux, dans un village druze. Il faudra peut être faire des cadeaux aux familles. »

Alors tout le groupe, en panique totale la veille de l’arrivée chez les Druzes, à espérer qu’on serait au moins deux par famille pour se soutenir l’un l’autre dans la conversation en petit nègre/ avec les mains, à se demander comment on rechargerait nos appareils photos, portables et MP3, et s’ils connaissaient le chocolat.

Mais surtout, surtout, s’il faudrait égorger une poule noire pour leur trucs de religion secrète, avant d’aller faire pipi dans un trou derrière la hutte et de se coucher sur une paillasse à même le sol.

Bah les gens, chez les Druzes, c’est comme ça :

DCAM1341

Vous voulez que je vous dise ? On était presque déçus.

Posté par prawn à 11:40 - Commentaires [11] - Permalien [#]

14 novembre 2008

Du danger de prendre l'ascenseur en Suède avec une poubelle

Ici, les ascenseurs n’ont pas de portes intérieures. Alors c’est comme en Pologne, on voit défiler le mur au fur et à mesure de la montée. Faudrait qu’on m’en explique l’intérêt, d’ailleurs…

Il faut croire que ça a posé des problèmes, parce que dans TOUS les ascenseurs, on voit le même autocollant rigolo.

asc1

Enfin, c’est moyennement rigolo pour le type qui se prend sa poubelle en pleine tronche, mais assez divertissant quand même, non ?

Et il y a des p’tites variantes marrantes, par exemple celle-là.

asc2

Tellement plus expressive... 'Sont fous ces Suédois!

Posté par prawn à 11:49 - Commentaires [7] - Permalien [#]

04 novembre 2008

Mon congélateur. Et quelques difficultés liées.

Il faut absolument que je vous présente mon congélateur.

Comme j’ai dit, les chambres sont organisées en couloir avec une cuisine et une salle communes. Donc il y a des frigos et des congélo, où chacun a sa petite étagère pour ranger ses p’tites victuailles. A mon arrivée, le frigo était bien et propre, parfait.

Mais le congélo m’ennuie un peu.

P1090766

Voilà, ça c’est mon espace.

P1090767

Alors j’ai un peu vidé depuis, les trucs que j’arrive à désincarcérer de la glace, et il y avait entre autres de la viande de 2007. Miam miam.

Le truc le plus rigolo, c’est que pour dégivrer il faudrait débrancher, or c’est un congélo énorme, 2m de haut (parce qu’on est plusieurs à le partager), que la prise est derrière, qu’il est lourd, et surtout qu’il faudrait déplacer toute la nourriture qui est aux autres gens vers un autre congélo. Pas possible, tout ça.

Alors jusqu’à un sursaut de courage, je vais peut être renoncer aux surgelés, voyez-vous ?

Posté par prawn à 11:46 - Commentaires [11] - Permalien [#]

28 octobre 2008

De la lessive à la laverie commune, et Banana Bread direct from the US

Déjà, vous dire que je suis enfin posée. Pas dans l’appart précédemment cité, mais dans une résidence beaucoup plus chouette. Le principe, c’est des couloirs avec une douzaine de chambre, et une cuisine et une salle à manger communes. Donc tu cuisines avec les gens, tu manges avec les gens, et ça c’est génial.

C’est même pour être dans un endroit comme ça que j’ai choisi Stockholm.

Bon. Le truc le plus bizarre dans la vie loin de ses parents, c’est que le truc magique qui fait que les fringues que tu mets dans le panier à linge sale reviennent propres tous seuls, toutes les semaines, bah ça marche plus.

Très curieux.

Du coup, il faut faire sa lessive soi-même, et ça c’est toute une aventure.

Tout commence quand il faut réserver la laverie. Parce que dans les résidences étudiantes, il y a des laveries communes, où on réserve un jour et un créneau pour avoir accès aux machines et séchoirs.

Et le pire du pire, c’est qu’il faut ANTICIPER ! parce que quand on rend compte qu’on n’a plus rien à se mettre et qu’il est temps d’aller vider le gros sac Ikea qui sert de panier à linge sale, on se rend compte aussi qu’il n’y a aucun créneau de libre avant une dizaine de jours.

Et là c’est l’angoisse.

Dans un premier temps, le truc c’est de courir chez H&M pour racheter plein de paires de chaussettes et pouvoir faire la jonction. Ensuite, on se fait envoyer en urgence du Génie sans frotter depuis son cher pays natal. (parce que j’ai rien trouvé de semblable ici. Et puis c’est écrit en suédois partout, ou pire, en finlandais, et là c’est la mort).

Ensuite, l’autre solution, c’est le vol de créneau. Parce que je vous explique. Si on n’est pas là 15 min après le début (c’est automatique, faut passer un badge), le créneau est remis en jeu. Et par exemple, beaucoup de gens qui réservent pour 7h n’ont pas le courage de se lever, donc on peut récupérer leur tour à 7h16. Mais il faut se lever à 7h. Alors je préfère aller racheter des chaussettes, voyez-vous ?

Ensuite, les instructions sur la machine sont en suédois. Avec pleins de petits schémas pour aider les abrutis, mais j’ai quand même des difficultés certaines. La dernière fois, j’ai pas mis la lessive dans le bon trou, par exemple. Et crois-moi, lecteur, tu te sens un peu con quand tu vois tes vêtements tourner dans de l’eau qui mousse désespérément pas.

En tout cas, la lessive c’est l’excuse sacrée. Par exemple, deux jours avant le rendu final, alors qu’on est tous sur les dents, j’ai dis que je devais partir à 17h parce que j’avais réservé un créneau. Et tout mon groupe m’a dit, aucun problème, vas-y, bonne lessive ! Parce que la lessive, et ça tout le monde le sait, c’est l’événement important de la vie d’un étudiant.

Tout ça pour vous dire que je vais y aller pour pas louper mon créneau, et vous laisser avec un super banana bread que nous a fait l’Américaine de mon groupe !

P1090690

Banana Bread

250g de farine – 1 cc de bicarbonate de soude -  1 pincée de sel – 2 œufs battus – 5 bananes très mûres -  115g de beurre – 115g de sucre roux – facultatif : quelques noix hachées et un peu de cannelle.

Mélanger farine, sel et bicarbonate.

Dans un autre récipient, mélanger le beurre en pommade avec le sucre. Ajouter les œufs et les bananes écrasées, bien mélanger.

Mélanger les deux préparations, cuire une heure à 180° C.

Voilà !

Posté par prawn à 11:44 - Commentaires [13] - Permalien [#]

30 septembre 2008

"Survivre en Suède pour les nuls" : apprendre à faire la queue

Le Suédois est organisé.

Il a inventé et développé le principe ô combien fondamental à maîtriser du Queue Number (à prononcer avec un bel accent anglais, "kiouu neumbeur") (parce qu'on ne connait pas le nom local de cette petite chose).

Le premier truc à faire quand on entre dans un magasin, qu'on s'approche d'un guichet de renseignement ou un truc de ce genre, c'est de repérer la machine à Queue Number. Souvent discrètement planquée dans un coin, sans signe distinctif, juste une boîte blanche avec un bouton noir, le truc impossible à remarquer.

Et de l'atteindre plus vite que la petite vieille en déambulateur, qui a bien senti en vous l'étranger naïf et facile à doubler. Ah non Madame, l'étudiant Eramsus est vif et attentif dans son nouvel environnement, capable de s'adapter en un temps record aux coutumes locales, on l'a déjà doublé tellement de fois que ce coup-ci, il se dépêche un max.

On bondit jusqu'à la machine et on attrape le Queue Number avant la petite vieille, donc.

Mais qu'est-ce au juste qu'un Queue Number ?

Le Queue Number est le clé. C'est lui qui vous permet d'avoir officiellement une place dans la file d'attente.

Grâce à lui, à ce petit bout de papier imprimé d'un nombre déséspérément élevé et que vous serrez fébrilement entre vos doigts tremblants, vous faites, on peut le dire, partie intégrante de la société suédoise.

Sans lui, vous être mourru.
Tout le monde vous double jusqu'à ce que vous compreniez que le petit "dong!" que vous entendez toutes les 3-4 minutes est lié au fait que, sur un tableau lumineux, les chiffres défilent et indiquent l'ordre de passage.
Parce que vous, naïf, êtes entré en souriant vous mettre debout derrière les autres gens, avec l'idée que vous passeriez au guichet après eux, mais avant ceux qui entreraient après vous.

ERREUR !

Seul le Queue Number fait loi. Vous êtes bon pour aller en chercher un et recommencer à faire la queue, petit idiot, ça vous apprendra.

D'ailleurs, il se refile facilement. A un type mignon, par exemple, si on renonce à attendre au bout d'un moment. On a le droit à un sourire, parfois. (sauf s'il est Suédois. Nous étudierons les problèmes comportementaux dans un article ultérieur).

On peut aussi le garder d'un magasin/ guichet à l'autre, parce que parfois ils se ressemblent beaucoup. Et gagner quelques places dans la file, du coup, si on se débrouille bien.

Parfois, il y a un guichet sans machine à Queue Number. Bah alors là les gens, c'est la loi de la jungle, la guerre, les chiens sont lâchés, chacun pour soi et Dieu pour celui qui a les coudes les plus pointus.

Les Suédois j'vous jure... 

Posté par prawn à 11:54 - Commentaires [5] - Permalien [#]

23 septembre 2008

La Suédoise. Etude scientifique poussée.

L’article précédent à propos du Suédois canon intéressait surtout les dames, et au nom de la parité voilà un petit mot sur la Suédoise, pour la culture de ces messieurs.

La Suédoise est blonde platine, avec des cheveux lisses et parfaits. Je pense qu’ils noient les petites filles aux cheveux ondulés à leur naissance. D’ailleurs, une coiffeuse a trouvé mes cheveux « funny ». Admettons.

La Suédoise a des yeux bleus, ou gris. Bleus-gris, si elle est ébouriffante d’originalité.

Elle porte le mini-short ou la jupe ras la conscience avec aplomb, sur des cuisses oranges (le soleil local fait bronzer orange, faut croire), qui accusent parfois le coup des délicieux petits pains à la cannelle qu’on trouve partout.

Mais souvent, elle est juste parfaite.

L’étudiant Erasmus de base se dévisse la tête à son passage, en faisant de grands gestes significatifs à l’intention de ses pairs.

Peut être est-ce un moyen d’exprimer son admiration pour la résistance au froid dont elle fait preuve, quand elle travers l’automne suédois (donc des températures quasi-polaires) avec sa micro jupe et sans collants s’teuplè ?).

En tous les cas, l’étudiante Erasmus de base déteste la Suédoise.

Mais la Suédoise peut aussi perdre toute attractivité quand, très alcoolisée, elle se roule par terre dans le métro le samedi soir. L’étudiante Erasmus de base, toujours classe, tient alors sa revanche. Sale grognasse va.

Bien entendu, la Suédoise a un sac H&M greffé dans la main. Quand il pleut, elle ne sort pas de parapluie, ne rentre pas la tête dans les épaules, ne plisse pas les yeux. Elle reste parfaite et ignore les éléments qui se déchainent. Bien entendu ses cheveux restent parfaits, aucun ne frisotte, n’a l’air sale ou quoi que ce soit.

De sous son parapluie, l’étudiante Erasmus la foudroie du regard.

Bon, soyons honnête, les quelques Suédoises à qui j’ai vraiment parlé se sont révélées adorables.

C’est pas juste.

Posté par prawn à 11:49 - Commentaires [8] - Permalien [#]



Page suivante »